dimanche 22 janvier 2017

Mordred - Justine Niogret


Voilà déjà quelques temps que je voulais lire ce roman, parce que j’avais bien aimé Chien du heaume et parce que je garde toujours une certaine affection pour les textes de fantasy arthurienne. Mais jusqu’à maintenant à chaque fois je commençais ma lecture, je n’arrivais pas à rentrer dans cette langue très travaillée propre à l’auteure. Après ma lecture du Dernier souffle, j’avais au contraire envie d’une écriture bien chiadé, autant dire que Mordred est tombé à point nommé de ma PàL !

Dans la version la plus courante de l’histoire du roi Arthur, Mordred est le fils illégitime qu’Arthur a eu avec sa sœur Morgane (ou Morgause). Bien qu’il ne soit guère apprécié de ses confrères chevaliers, il est nommé régent du royaume en l’absence du roi. Il en profite pour s’approprier le pouvoir et la reine Guenièvre. Arthur et Mordred finissent par s’affronter sur le champ de bataille et se tuent mutuellement.

Comme vous pouvez le voir, le personnage de Mordred ne rentre pas vraiment dans la catégorie « joyeux drille », il peut donc sembler surprenant d’écrire un roman de son point de vue. C’est pourtant ce que fait Justine Niogret en nous faisant suivre les pas d’un Mordred grièvement blessé et cloué au lit, dont les souvenirs remontent petit à petit à la surface.

Mordred est un récit étrange à lire. Il est extrêmement court (alors que les romans de fantasy arthuriennes tendant à s’étaler sur plusieurs tomes) et repose pour beaucoup sur les non-dits, laissant au lecteur le soin de combler certains trous ou certains faits jamais clairement explicités.

Son autre particularité, c’est de brosser un portrait assez inattendu du personnage Mordred. Sans en faire un héros tout blanc, le roman lui donne un passé qui justifie son caractère solitaire et assez renfermé.

Le tout est écrit avec une langue plutôt riche, très travaillé, où l’on sent bien que chaque phrase a été ciselée. Cela peut être usant à la longue mais le roman est trop court pour qu’on ait le temps de s’en lasser, et cela concourt également à donner au portrait du personnage une teinte de héros romantique.

Mordred est donc un très joli texte qui permet de revisiter de façon originale l’histoire du roi Arthur de façon brève et très agréable à lire. Je ne sais pas s’il me restera longtemps en mémoire, mais je vous conseille d’y jeter un œil si vous êtes férus des légendes arthuriennes.
« Il faut une victime à toute histoire. Il faut l’argent d’un miroir éteint pour que certains parviennent à voir leur visage. Une chandelle sans nom pour que les scarabées dansent. À tout héros, il faut son reflet. Un perdant, pour que d’autres gagnent. »

jeudi 19 janvier 2017

Ma bibliothèque de rêve (tag)


Un tag de lutin82 (encore elle !) qui m’aura bien fait cogiter.

1. Avant d’avoir une bibliothèque, il faut avoir une maison (ou un appartement) où la mettre. Où serait la maison/l’appartement de tes rêves ?
Excellente question… Je rêve d’une maison pour avoir un peu plus de calme et un bout de jardin. Je ne suis pas difficile, pourvu qu’elle soit abondamment pourvue en rangements de toutes sortes (placards, débarras, grenier, cave, cagibi, bref tout ce qu’il faut pour planquer du bordel).
Je la situerais sans doute en région parisienne (car oui c’est extraordinaire mais on peut aimer vivre en région parisienne !), ou à défaut proche d’une grosse agglomération bien équipée en librairies, en bibliothèques, en cinémas… et transports en commun (certes j’ai désormais mon permis mais rien ne vaut un bon trajet en métro pour avancer son bouquin !).

2. Maintenant que tu as la maison, où est la bibliothèque ?
Soit à l’étage, une pièce ouverte entre les chambres comme dans ma maison d’enfance. Soit une pièce plus fermée au rez-de-chaussée et donnant sur le jardin.

3. Quel type d’étagères utiliserais-tu ?
Les étagères hyper modulables qui sont chez mon père. Je pense que c’est des Lundia. En plus c’est du bois donc bien résistant et fort joli. Alternativement en bossant sur le projet de réaménagement de nos locaux au boulot, j’ai découvert le concept des étagères à roulettes (comme à la bibliothèque de la Canopée à Paris ou à la médiathèque de Sèvres). Et je dois dire que j’aime beaucoup l’idée de pouvoir moduler facilement l’espace même si ça ne sert à rien dans une maison !

4. Cite trois meubles que tu voudrais absolument voir dans cette bibliothèque (en dehors des étagères bien sûr).
Un fauteuil ou un canapé bien confortable pour lire, un poêle à bois (mais un truc bien fermé pour éviter de faire flamber les livres), un bureau (pour geeker avec les livres à portée) et… ah mince ça fait déjà trois !

5. Quel serait ton système de rangement idéal, si tu n’avais pas à te préoccuper de la pénibilité ?
Les romans classés par auteur d’un côté (éventuellement en séparant poches et grands-formats parce que c’est plus joli), les BD classées par série ou auteur de l’autre. Un coin pour les essais, un coin pour les beaux livres et livres d’art et enfin un coin jeunesse. Et éventuellement quelques espaces vitrines dédiés à mes coups de coeur ou à un auteur en particulier dont j’ai vraiment beaucoup de livres (pour les Sieurs Gaiman et Tolkien par exemple). Je faisais ça avant que le manque de place m’oblige à rationnaliser l’espace.

6. Quels sont tes indispensables pour égayer tes étagères ?
Tout un bric à brac de souvenirs pour décorer : serre-livres, figures, produits dérivés divers, coquillages, jolis cailloux, photos, etc.

7. Si ton budget était illimité, quel livre de luxe ajouterais-tu à tes étagères ?
Les Absolute Sandman, probablement. Ceci dit avec un budget illimité je crois que je m’offrirais surtout les intégrales de Spirou, Tintin, Yoko Tsuno, Thorgal et autres BDs qui ont nourri mon enfance pour pouvoir les relire de temps à autre.

8. Quel serait LE fauteuil de lecture que tu voudrais absolument avoir ?
J’aime bien le fauteuil Ikéa que nous avons à la maison mais il manque définitivement le repose-pied (qui ne tiendrait pas dans notre salon). Sinon j’avoue avoir un faible pour les rocking-chairs, à condition de vérifier avant qu’ils sont bien confortables !

9. Qui est autorisé à rentrer dans ton antre ?
Tout le monde, pourvu que les livres soient rangés correctement après (sinon je vais être obligée d’installer un chariot pour poser les retours !).

10. Pour finir, lâche toi, décrit en un paragraphe (ou plusieurs si tu es inspiré) la bibliothèque de tes rêves.
C’est une pièce lumineuse avec des murs clairs et du parquet au sol (à bas la moquette !). Une porte-fenêtre permet de s’installer en terrasse/au jardin, mais elle est dotée de bons rideaux pour que le soleil ne tape pas toute la journée sur les livres (il faut penser à leur conservation !).
Les bibliothèques sont nombreuses mais quelques espaces libres au mur permettent de faire un peu de déco et d’installer un petit poêle à bois loin des livres pour avoir le plaisir de lire au coin du feu (assis sur un tabouret bas par exemple). Un bureau permet de geeker au calme, mais aussi de mettre un peu de musique grâce à de très bons enceintes.
Enfin la bibliothèque se dépoussière toute seule (si on fait des robots aspirateurs, on peut bien en faire qui grimpent aux étagères ?) et n’est pas trop loin de la cuisine histoire de pouvoir s’approvisionner en thé et en chocolats/biscuits, parce que lire, ça creuse !

Je ne nomme personne mais si vous avez envie de répondre à ce questionnaire, n’hésitez pas, servez-vous !

lundi 16 janvier 2017

Le dernier souffle (trilogie) – Fiona McIntosh


La fantasy bien ronflante n’est pas (plus en fait) un genre que j’affectionne particulièrement, mais je fais parfois des exceptions à la règle lorsque certains titres croisent mon chemin. Cette trilogie, La dernier souffle, m’a été donnée par mon cousin qui l’avait beaucoup aimé. Même si les signes extérieurs m’inquiétaient un peu, je me devais donc d’y jeter un œil, ne serait-ce que pour me faire mon propre avis.

Me voilà donc partie dans un monde imaginaire médiévalisant (carte à l’appui) où deux royaumes, Morgravia et Briavel, se font la guerre depuis des siècles. Wyl Thirsk, fils du général des armées de Morgravia, est destiné à reprendre le rôle de son père, mais ce n’est pas du goût du futur roi, le cruel Celimus, qui cherche à le briser par tous les moyens. Mais le despote en devenir ignore que Wyl a hérité d’un don magique, le Dernier Souffle.

Héros courageux, despote sanguinaire, magie mystérieuse et une petite dose de prophétie saupoudrée là-dessus, tous les ingrédients sont là pour fournir une aventure de fantasy tout ce qu’il y a de plus classique. Il y a des voyages, des combats à l’épée, des complots, des enlèvements, des histoires d’amour, des assassinats, des créatures magiques et des barbares qui menacent la frontière nord.

Autant dire que votre appréciation de ce cycle (qui semble puiser son inspiration chez Robin Hobb et chez George R. R. Martin) risque de dépendre du nombre de cycles de fantasy que vous avez lu, et de vos exigences dans le domaine.

En effet à part l’histoire du Dernier souffle, il n’y a pas de réelle originalité dans cette histoire qui a tendance à multiplier les intrigues et les retournements de situations pour remplir trois volumes. J’ai eu dès le départ l’impression que deux (voire un gros) livres auraient largement suffit pour exploiter l’idée de façon intéressante.

Par ailleurs, l’ouvrage n’est pas exempt de défauts, à commencer par les personnages qui sont souvent très manichéens, comme le héros, Wyl Thirsk, un authentique « loyal con » qu’on a parfois envie de secouer. Son antagoniste, Celimus, ne vaut pas mieux : il ne manque guère que le rire machiavélique pour compléter le tableau du grand méchant.

J’ai aussi trouvé l’écriture pas forcément extraordinaire, avec une alternance de tons (de l’ultra-violence à la guimauve absolue) déstabilisante et une insistance sur la beauté des personnages qui m’a souvent fait soupirer (pauvre héros qui la malchance d’être trapu et roux quand il pourrait être grand et blond !).

Du coup à moins d’avoir un bon sens du second degré (comme moi !), Le dernier souffle est à réserver à des lecteurs novices en fantasy, ou en tout cas pas trop regardants sur l’écriture et les clichés.

C’est un peu dommage parce qu’il y avait moyen de faire quelque chose d’intéressant avec le concept de base et sur la fin j’ai apprécié que l’auteur commence à vraiment « s’amuser » avec. Comme je n’aime pas spoiler je vous laisse surligner la suite pour en savoir plus.

Le Dernier Souffle est en fait un don qui fait que lorsque Wyl meurt, il prend possession du corps de son assassin. Dans le tome 2, il récupère ainsi le corps d’une femme ce qui évidemment le trouble beaucoup. Il a du mal à accepter la place qu’on attribue aux femmes dans la société… surtout lorsqu’il s’apprête à être marié contre son gré. Le sujet n’est pas traité sans maladresses mais j’ai eu l’impression que l’auteur a voulu essayer de faire quelque chose sur la place de la femme, c’était intéressant.

Pour la petite anecdote, je me demandais bien comment j’allais pouvoir lire ces trois énormes pavés de 500 pages quand la bibliothèque numérique de la ville de Paris est venue à mon secours : le livre électronique a considérablement facilité ma lecture (si on omet la disparition des espaces entre les paragraphes parfois). Pour ce genre de pavé, le numérique c’est drôlement pratique !

vendredi 13 janvier 2017

Blogger Recognition Award (tag)


Aujourd’hui, petit tag sur les blogs. Bonne lecture !

1- Remercier la personne qui t’a nominé et met un lien vers son blog

Je dois ce tag à Lutin82 du blog Albédo. Je n’avais même pas terminé son tag précédent (qui sera publié prochainement d'ailleurs) qu’elle m’en envoyait un nouveau. Je ne la remercie pas pour le travail supplémentaire… mais je veux bien la remercier pour me donner des articles de « remplissage » à poster quand je suis soit à la bourre dans mes chroniques, soit avec rien à poster parce que je suis au milieu d’un gros pavé… c’est pas si mal les tags en fait ! (enfin jusqu’à qu’on se mette en tête de les illustrer et qu’on passe une heure à faire des photos stupides avec des marque-pages...).

2- Écrire un post contenant une brève histoire de ton blog.
Il était une fois une jeune femme accro au vert qui s’essayait aux merveilles d’Internet, et qui tomba un jour sur le blog Live space d’une amie. « Quelle bonne idée ! », s’exclama-t-elle, et elle décida d’en faire autant. Elle ouvrit donc L’étrange bibliothèque de Calenwen. Au début elle y publiait surtout des billets d’humeur, des aventures quotidiennes à partager avec ses amis. Puis petit à petit elle commença à y parler de ses lectures et de ses sorties cinéma.

Exaspérée par le peu de possibilités offertes par Live space, la jeune femme finit par s’installer sur Blogger. Elle en profita pour oublier dans le déménagement moult articles trop intimes, et adopta un nom de code mystérieux en guise d’URL : Nevertwhere (ou comment allier son pseudo à sa passion pour Neil Gaiman).

En s’ouvrant à la blogosphère, la jeune femme finit par se rendre compte que toute son histoire de pseudonymes et de noms de blogs différents compliquait la chose. L’étrange bibliothèque de Calenwen disparut au profit de Nevertwhere, et Calenwen redevint Vert pour plus de simplicité. La bibliothèque demeure sinon en nom, du moins en image dans la bannière on ne peut plus adaptée réalisée par une marmotte talentueuse.

Aujourd’hui, il y a parfois encore des petits changements, quelques ajustements de temps en temps, mais Nevertwhere a trouvé son rythme de croisière et compte bien voguer encore de belles années sur les océans de l’imaginaire !
FIN
3- Donner un ou deux conseils pour de nouveaux blogueurs.

Quand j’ai commencé à bloguer, j’ai eu une période où je me lamentais intérieurement sur le faible nombre de vues et de commentaires (on a beau dire qu’on fait ça pour soi et que ça ne compte pas… ça compte quand même !). C’est que je n’avais pas compris que les blogs fonctionnaient en réseau : pour qu’on vienne chez vous, il faut aussi aller chez les autres (blogs, forums, etc.). Il ne s’agit pas de faire votre promo façon « viens chez moi » mais d’échanger, tout simplement. Cela prend du temps (des fois je crois que je passe presque plus de temps à lire et à commenter les articles des autres qu'à écrire les miens), mais c’est donnant-donnant et c’est comme ça qu’on rencontre de chouettes personnes.

4- Sélectionner 15 autres blogs
Je crois bien que tout mon entourage a déjà été tagué… mais dans le doute je nomme Alys, Fánaríë, Shaya et Tigger Lilly.

mardi 10 janvier 2017

Sandman Ouverture - Neil Gaiman, J.H. Williams & Dave Stewart


Vous pensiez en avoir fini avec Sandman ? Pas tout à fait. Si la série s’est terminée il y a déjà bien des années, Neil Gaiman a décidé de raconter récemment une dernière histoire qui se déroule Préludes & Nocturnes. Comme quoi il n’y a pas que dans Star Wars que les prequels sont à la mode !

Sandman Ouverture, comme son nom l’indique, se situe donc légèrement en amont du premier volume de la série, et vise à expliquer un des derniers mystères restants de la série : qu’avait donc fait le Rêve avant le début de l'histoire pour pouvoir être capturé aussi facilement ? Il faudra le lire pour en savoir plus…


La première chose que l’on remarque en ouvrant ce volume, c’est sa beauté, tout simplement. Ne prêtant pas toujours beaucoup d’attention aux images, j’ai bien du mal à trouver les mots pour vous en parler, mais J.H. Williams et Dave Stewart, qui ont réalisé respectivement les dessins et la colorisation, ont réalisé une merveille, tout simplement.

Sandman Ouverture nous invite à visiter une multitude de mondes et d’ambiances, et les images reflètent très bien cette variété et cette diversité par des choix graphiques différents. J’avais déjà vu cela dans d’anciens numéros de Sandman mais en général cela était dû à un changement de dessinateur. Il n’en n’est rien ici. Bref on pourrait pratiquement se régaler des images sans lire le texte.


Sur l’histoire, je suis un peu plus mitigée par contre. J’ai retrouvé avec plaisir l’univers, mais je n’ai pas pu m’empêcher de me demander tout du long si un bon mystère ne valait pas mieux que sa résolution. En voulant lever un voile sur le passé du Rêve, Neil Gaiman brosse une histoire à la fois très linéaire (c’est un voyage, si on simplifie) et extrêmement touffu.

Cela donne du coup un récit très court mais qui introduit tellement d’éléments qui viennent enrichir l’univers qu’on finit un peu par s’y perdre. Cela donne l’impression d’un récit un peu boursouflé qui aurait gagné à être développé plus en longueur, ou à moins s’éparpiller.

Cela ne m’a pas empêché de replonger avec plaisir dans l’univers. J’ai aimé suivre à nouveau le Rêve, j’ai adoré en découvrir plus sur certains personnages et j’ai apprécié certains renvois à d’autres histoires de l’univers. Mais je vous avoue que je n’ai pas retrouvé complètement l’émerveillement que j’ai pu avoir en découvrant les tomes précédents, et j'ai trouvé de trop la surcouche mythologique ajoutée dans ce volume.


Sandman Ouverture est donc une addition sympathique à la saga (notamment grâce à ses très beaux dessins et à ses nombreux bonus sur sa conception présents en tout cas dans l’édition Urban Comics). Cependant il faut garder à l’esprit qu’il ne fait pas aussi bien que ses prédécesseurs (sauf en matière de dessin). Et ne vous fiez pas au titre, c’est bien plus un épilogue qu’un prologue, alors ne vous avisez surtout pas de mettre le nez dedans avant d’avoir lu les sept intégrales précédentes !

CITRIQ

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